Le sommet organisé par la PFA – Plateforme automobile, sous la présidence de Luc Chatel, a réuni les principaux acteurs de la filière automobile autour des défis économiques, industriels et technologiques auxquels le secteur est confronté. Les échanges ont notamment souligné la nécessité de mettre en place une véritable politique industrielle européenne, capable de renforcer la compétitivité des constructeurs et des équipementiers, de soutenir la transition vers l’électrique et de préserver les emplois et les savoir-faire en Europe.

Préserver une industrie automobile stratégique pour l’Europe

L’Industrial Accelerator Act est au cœur de cette stratégie de maintien d’une industrie phare : 13 millions d’emplois et 7% du PIB de l’UE. Le principe du « Made in Europe » doit maintenant être entériné rapidement par la commission sur la base du chiffre de 70% de contenu local (hors batterie) sur lequel s’accordent l’ensemble des industriels. Et “il doit inclure l’ingénierie, la R&D et l’assemblage” (Antonio Filosa, Stellantis). Si des constructeurs non européens souhaitent s’installer au sein de l’Union, ce ne doit pas être pour ériger des usines « tournevis » dédiées au seul assemblage.

L’objectif est de préserver les compétences, les investissements et les emplois sur le territoire européen, tout en garantissant des conditions de concurrence plus équilibrées.

Transition écologique : concilier réglementation et compétitivité

Le plaidoyer sur la limitation des réglementations a également été porté par le directeur général de Renault Group, Francois PROVOST, qui estime à 3000€ le surcoût par véhicule des normes actuelles et à 3000€ supplémentaires pour absorber les 108 normes à venir. Quand il s’agit de produire et de vendre des petits véhicules électriques, le coût de la batterie et celui des réglementations n’est pas soutenable pour le consommateur. Sa proposition : la création d’une catégorie M1-e (petit véhicule électrique) pour laquelle un gel réglementaire d’une période de 10 ans permettrait d’amortir les coûts de développement et de travailler sur une baisse du coût de production. Autre requête : le maintien d’une quotité de production de 20% d’hybride après 2035 et un assouplissement des normes d’émission de CO2.

Accélérer l’innovation et adapter l’industrie automobile

Lors de son intervention, Christophe Périllat, directeur général de Valeo, a rappelé combien l’industrie européenne s’était adaptée à la vitesse des changements successifs. La période de développement d’une plateforme de véhicule est passée de 7 à moins de 2 ans, imposant à une industrie lourde des investissements gigantesques et une agilité nouvelle que le développement de l’intelligence artificielle permet aujourd’hui.

Protéger les investissements et accompagner la transformation du secteur

Les industriels ont consenti des efforts importants pour atteindre, en 2035, l’objectif fixé par l’UE d’une fin de la production des véhicules thermiques. L’UE doit protéger son industrie, préserver sa transformation et permettre le retour sur investissement.

En conclusion de ce sommet, chacun a rappelé que les demandes des acteurs de l’industrie ne visaient pas à fermer le marché européen mais à obtenir une réciprocité commerciale notamment avec la Chine qui pendant longtemps a imposé à ces investisseurs étrangers des conditions limitatives de l’accès à son marché domestique.

Sans mesures de défense d’une industrie automobile européenne qui a beaucoup investi dans l’électrification des véhicules, ce sont des réorganisations douloureuses en termes économique et social qui menacent le secteur.

Emploi et compétences : anticiper les transformations de la filière

Au-delà des enjeux industriels, l’avenir de la filière automobile soulève des questions essentielles en matière d’emploi, de compétences et d’organisation du travail.

La transformation des métiers et l’évolution des besoins en compétences nécessitent d’anticiper les transitions professionnelles et d’accompagner les salariés concernés.

Pour Sémaphores, ces enjeux rappellent l’importance d’articuler les transformations économiques et industrielles avec leurs conséquences humaines et sociales. Préserver la compétitivité de la filière automobile européenne implique aussi de préparer les compétences et les parcours professionnels de demain.

Industrie automobile européenne : enjeux et perspectives

Pour approfondir ces enjeux et découvrir les perspectives d’évolution de la filière, téléchargez notre note consacrée à l’industrie automobile.
(Mise à jour octobre 2026)

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