La newsletter Sémaphores - Novembre 2025 - Organismes de formation : quelles nouvelles opportunités pour rendre son offre certifiante ?

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Novembre 2025

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Organismes de formation : quelles nouvelles opportunités pour rendre son offre
certifiante ?

La newsletter Sémaphores - Novembre 2025 - Organismes de formation : quelles nouvelles opportunités pour rendre son offre certifiante ?
La newsletter Sémaphores - Novembre 2025 - Organismes de formation : quelles nouvelles opportunités pour rendre son offre certifiante ?

Un article rédigé par :

Alain GOUET – consultant manager – Lafayette –  in

Rendre une offre certifiante permet d’offrir une reconnaissance à la formation suivie par les bénéficiaires et de la rendre finançable. L’enregistrement d’une certification auprès de France compétences ne se limite plus à l’élaboration d’un référentiel : il repose désormais sur la capacité à démontrer l’impact de la formation, à maîtriser les moyens mobilisés et à piloter son réseau d’acteurs. Dans un contexte d’évolution réglementaire où les enregistrements progressent mais où le nombre de certifications reste limité, voici comment choisir la bonne trajectoire.

Les tendances et évolutions de la régulation de France compétences

Un taux d’enregistrement en progression

En 2024, l’activité « sur demande » reste dense et mieux cadencée : 2 129 dossiers traités pour un délai moyen de 4,2 mois. Cette dynamique se renforce puisqu’en 2025, l’annonce de nouvelles dispositions en vigueur au 1er octobre a créé un pic de dépôts durant l’été.

Surtout, les taux d’avis favorables progressent par rapport à 2023 :

  • RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles : base officielle qui recense toutes les certifications professionnelles reconnues par l’État) : 66,8 % vs 63,5 % l’année précédente (+3,3 points)
  • RS (Répertoire Spécifique : certifications et habilitations correspondant à des compétences complémentaires à un métier) : 39,3 % vs 17,6 % (+21,7 points).

En clair, l’amélioration tient à des dossiers mieux préparés, en réponse à des exigences plus cadrées : les bilans demandés (insertion, contrôle des partenaires, mais aussi désormais moyens techniques, pédagogiques et d’encadrement) tendent à mieux objectiver la décision.

Un volume de certifications actives toujours limité

La contraction du stock de certifications actives se poursuit. Fin 2024, on comptait 4 985 fiches RNCP actives (dont 3 059 de droit) et 1 312 fiches RS actives (dont 172 de droit). C’est l’aboutissement d’un mouvement engagé depuis 2018 : à périmètre total, RNCP −37 % et RS −40 % entre 2018 et 2024. Si l’on zoome sur les enregistrements “sur demande”, la tendance 2023/2024 confirme le resserrement : le RNCP passe de 2 910 à 1 926, le RS de 1 929 à 1 140.

Cela interroge le modèle visé : faut-il désormais moins de certificateurs, mais davantage d’organismes habilités ?

Une évolution des attendus formels

Si les dispositions découlant du décret du 6 juin 2025, entrées en vigueur au 1er octobre, ne constituent pas une révolution de la procédure d’enregistrement, les exigences sont à observer de près.

Les trames à déposer ont été refondues :

  • Tableaux de données renforcés : au-delà des données d’insertion RNCP, on renforce au RNCP et au RS la fiabilité du lien entre les données de formation (entrants et sortants de formation) et de certification (candidats présentés à l’examen, titulaires).
  • Documents complémentaires mieux normalisés : révisé pour le RNCP, institué pour le RS, évitant le « champ libre » des notes d’opportunité.
  • Enjeux de formation intégrés dans l’instruction : définition et bilan des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à mettre en œuvre pour préparer la certification.
  • Impacts transitions (écologique/numérique, santé-sécurité, accessibilité) pris en compte pour renforcer la qualité des référentiels.
  • Conventions d’habilitation encadrées : définition du contenu minimal de la convention.

Désormais, des preuves normalisées sont requises et la responsabilité du certificateur est renforcée : il ne suffit plus d’exposer l’ingénierie et le positionnement, il faut démontrer, à partir de données et d’un dispositif de suivi-contrôle, la valeur et la maîtrise du dispositif.

Les impacts de ces constats sur la stratégie de certification à adopter

Quand viser le dépôt en propre ou préférer l’adossement ?

Des questions essentielles permettent de trancher.

  • Utilité démontrable : Ai-je aujourd’hui des éléments probants sur la valeur d’usage pour les employeurs et sur l’insertion des titulaires ?

Il est nécessaire d’avoir une promotion de titulaires pour un RNCP, et au moins une session pilote déployée pour le RS afin de constituer une valeur d’usage. Une promotion est entendue comme l’ensemble des titulaires sur une année civile. Cela doit permettre de restituer des données probantes démontrant l’impact du dispositif sur l’activité professionnelle (en termes d’emploi ou de mobilisation des compétences complémentaires).

  • Moyens et gouvernance : Puis-je prouver les moyens mobilisés et, le cas échéant, piloter des partenaires habilités (sélection, formation, audit, sanctions) sans dépendre d’un tiers ?

La responsabilité du certificateur est accrue, au regard des éléments attendus durant l’instruction et de la charge de gestion et de contrôle du réseau de partenaires habilités. La distinction des rôles d’OF et de certificateur est une clé certaine de la réussite de la démarche.

  • Calendrier et modèle économique : Mon horizon de lancement et mes flux de financement supportent-ils la courbe d’apprentissage d’un dépôt en propre ?

Les délais nécessaires à la constitution d’une valeur d’usage, à l’ingénierie et à l’instruction sont à anticiper avant d’obtenir l’enregistrement d’une certification.

Des opportunités et contraintes à prendre en compte

Le dépôt en propre est la meilleure voie lorsque vous souhaitez maîtriser le positionnement (intitulé, blocs, évolutions), ouvrir la VAE et piloter un réseau d’habilités en votre nom. La contrepartie : un investissement initial et une exposition directe aux contrôles.

Si votre priorité est le time-to-market ou si vos preuves d’impact ne sont pas encore stabilisées, l’adossement à une certification existante permet de bénéficier d’un cadre éprouvé et de mutualiser le risque régulatoire. Vous devrez néanmoins concentrer vos efforts sur l’accompagnement apprenant, la lutte contre les abandons et la performance d’insertion.

Il est utile de rappeler qu’en cas d’habilitation, la valeur d’usage est la propriété du certificateur. Si vous vous adossez à une certification existante, les données d’insertion seront présentées par le certificateur, cela ne constitue donc pas une base pour un futur projet de certification. La seule exception est un accord de cession des cohortes dont les modalités sont précisées dans le vademecum établi par France compétences.

Votre offre de formation recouvre un métier émergent ou en évolution particulière ? Si ce métier est présent sur la liste établie par France compétences, la procédure dérogatoire peut offrir une accélération d’accès au RNCP, vous exemptant de données d’insertion. S’il n’est pas inscrit, alors il est possible de le proposer.

En 2025, France compétences a élargi le périmètre des acteurs concernés, à condition qu’ils se présentent comme un « acteur de l’écosystème emploi – formation (orientation, compétences, observation, certification professionnelle…) ».

Face à ces évolutions, chaque organisme a l’opportunité de repenser sa stratégie de certification : non plus comme une contrainte administrative, mais comme un levier de reconnaissance, de qualité et d’innovation au service des compétences.

Sémaphores, via ses équipes Lafayette accompagne les organismes de formation
dans la conception et la valorisation de leurs certifications.
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