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Plan Campus

Débat public

Mercredi 6 juillet 2011
A l’issue de l’appel à projets lancé en 2008 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, en vue de faire émerger en France, grâce à des dotations exceptionnelles de l’Etat, douze pôles universitaires d’excellence de niveau international, 12 Plans Campus ont été retenus, rassemblant plusieurs universités au sein d’un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur. Avec, à la clé, des objectifs clairement définis : réduire l’échec universitaire, développer l’offre scientifique, faire du campus un cadre de vie agréable, hisser les universités françaises aux meilleures places dans les classements européens et internationaux, renforcer l’attractivité des territoires… Un chantier ambitieux, nécessaire et de longue haleine, auquel Sémaphores est étroitement associé en raison de sa large expérience dans le logement étudiant. Pascale Bonneton, consultante référente sur ces questions nous explique les tenants et aboutissants des Plans Campus.
 

Depuis la mise en place des PRES, Sémaphores a réalisé 4 missions, devenant ainsi, avec votre partenaire principal Latitude, un expert en logement étudiant dans le cadre des Plan Campus. Comment expliquez-vous cette reconnaissance de votre expertise ?

Pascale Bonneton : Cela fait plus de 20 ans que Sémaphores travaille sur le logement étudiant, auprès des opérateurs reconnus de ce secteur. Avec la mise en place des PRES, la donne a changé,  incitant les universités à s’occuper non plus seulement de formation, mais de vie étudiante au sens le plus large, intégrant certes l’acquisition des savoirs et la formation à un métier, mais également le logement, la vie sociale et culturelle, les déplacements... Les Universités ont vu, avec les Plans Campus, leur rôle et leur place sur le territoire évoluer. Elles ressentent aujourd’hui le besoin de gérer l’ensemble des problématiques touchant la vie étudiante, dans un contexte d’effritement du nombre d’étudiants, de plus grande concurrence entre les sites universitaires. La paupérisation de la population étudiante est également source de préoccupation,  même les grandes écoles sont concernées. Notre savoir-faire auprès des opérateurs du logement étudiant nous a donné une longueur d’avance dans l’appréhension réaliste et constructive de toutes ces approches. Nous sommes en mesure d’établir, rapidement, des diagnostics complets de l’offre et de la demande sur un territoire, d’enrichir nos analyses de benchmarking de qualité à l’échelle européenne, d’apporter des préconisations pertinentes.
 

La presse s’est largement fait écho de la mission Plan Campus de l’agglomération de Toulouse à laquelle vous avez participé. Mais il y a eu également celles sur le Grand Lyon et sur l’agglomération de Metz. Comment avez-vous procédé ?

Pascale Bonneton : Nous travaillons, en première phase, sur l’état des lieux de l’offre en logements étudiants. Nous étudions le périmètre de l’agglomération sur laquelle l’université est implantée. La question à laquelle il faut répondre est la suivante : est-ce qu’il y a assez de logements ou est-ce qu’il faut en construire ? Ce qui induit d’autres questions : où se logent les étudiants de toutes les universités et de toutes les grandes écoles. Est-ce qu’ils ont ce qu’il faut ? Est-ce que l’offre répond à leurs attentes ?
C’est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît car nous sommes confrontés à des pics de fréquentation inévitables dans le logement étudiant, seul segment du marché de l’habitat d’abord et avant tout saisonnier. Le plein régime se situe entre septembre et février. Ensuite, les besoins déclinent car certains étudiants partent en stages plusieurs mois et que d’autres, après les partiels de janvier, quittent le campus (abandon d’études, semestrialisation). Les taux de remplissage s’effritent ainsi tout au long de l’année. Or, qui dit logement, dit également exigence de rentabilité. Je dis cela car certains rapports, ces dernières années, ont préconisé de construire toujours plus de logements, sans tenir compte, d’une part, de cette obligation d’équilibre d’exploitation du logement, même social, et, d’autre part, de la baisse annoncée des effectifs étudiants. Le contexte démographique a changé et nous devons en tenir compte dans notre diagnostic de l’offre.
 

Quels types d’offre analysez-vous ?

Pascale Bonneton : L’ensemble de l’offre existante sur le territoire hors domicile parental. Nous savons que 45 à 55 % des étudiants – les cohabitants – vivent chez leurs parents et que c’est donc la seconde part qu’il faut loger – les décohabitants. Nous regardons le logement social traditionnel, géré par les Crous, les résidences privées, les résidences des grandes écoles, les bailleurs sociaux, le parc privé et les colocations. Compte tenu de la paupérisation de la population étudiante, nous sommes de plus en plus amenés à analyser également d’autres structures, tels que les foyers de jeunes travailleurs. Sur un territoire donné, l’offre de logements est donc variée, la plupart du temps suffisante, mais ce qui manque cruellement, compte tenu du contexte économique, ce sont les logements de qualité à bas prix ou les logements sociaux. Il peut y avoir la quantité globalement nécessaire et des insatisfactions parce qu’il n’y a pas la qualité et/ou l’adéquation avec les besoins en termes de prestations des logements, de desserte, etc. Or, avec la mise en place des PRES, on est aujourd’hui pleinement dans une logique d’adéquation. Cette constatation se vérifie dès lors que nous entrons dans la phase de diagnostic de la demande.
 

Par quel biais parvenez-vous à récolter les informations concernant les attentes des étudiants ?

Pascale Bonneton : Justement grâce à notre bonne connaissance des réseaux de la vie étudiante. En 20 ans, nous avons su nouer de très bonnes relations avec l’ensemble des acteurs de ce secteur. Nous pouvons donc disposer d’informations qualitatives concernant le niveau de vie des étudiants, leurs attentes en termes de logement, de conditions et de confort de vie. Cela touche aussi bien l’accès au WiFI et à l’Internet que leurs déplacements ou leurs besoins quotidiens : douche et WC intégrés à la chambre, etc. En mixant le diagnostic de l’offre et celui de la demande, nous parvenons à répondre à cette question essentielle si nous voulons rendre nos campus aussi attractifs que ceux de nos voisins européens : qu’est-ce qui manque sur ce territoire ? Répondent-ils, quantitativement et qualitativement, aux besoins en termes de logement ?
 

Quelles préconisations pouvez-vous, dès lors, proposer ?

Pascale Bonneton : Nos préconisations pointent ce qui manque. Dans les exemples que vous avez cités, c’était principalement une offre en logement social. Avec les PRES, de nouveaux fonds sont dégagés. Dans la plupart des cas, deux principaux axes de travail émergent : garantir une couverture suffisante de la population étudiante en logement social et diversifier l’offre de logement en tenant compte de tout ce que l’on a pu mettre en avant en termes de besoins quotidiens pour les étudiants. Si les acteurs se contentent de rénover ou de créer des logements sans intégrer les exigences d’accès aux technologies ou de déplacements, cela ne sert à rien. Dans la même veine, si la rénovation des chambres en cité universitaire conduit à une diminution de l’offre très sociale, on se prive d’un segment crucial de l’offre. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue que l’un des enjeux des PRES porte sur l’attractivité des futurs campus et des territoires sur lesquels ils sont implantés. Il faut sans doute, aujourd’hui, être capables de s’orienter vers des offres diversifiées, impliquant une pluralité d’opérateurs, plus adaptées aux différents types de publics étudiants, étrangers et boursiers notamment, et à leurs conditions de vie, ouvrant sur des offres encore pas assez éprouvées sur les territoires, telles que la colocation organisée par les bailleurs sociaux ou par le CROUS. Nous incitons les universités à investir dans des résidences adaptées, mais également dans des dispositifs d’accompagnement comme, par exemple, à proposer des portails d’information clairs et transparents afin de faciliter la visibilité de l’offre de logement à l’international. Car, au-delà du logement ou de la formation, encore une fois, il leur faut prévoir une offre globale structurée et cohérente. Une seule action ne suffit plus aujourd’hui. Il faut créer l’environnement qui va avec.
 

Au-delà des diagnostics et des préconisations que vous présentez, quelle est, pour les acteurs locaux, la valeur ajoutée d’un Cabinet comme le vôtre ?

Pascale Bonneton : J’en vois plusieurs. Tout d’abord, notre regard extérieur. Ensuite, notre capacité reconnue de savoir mettre autour d’une table tous les acteurs concernés par le dossier, notamment ceux peu habitués à se rencontrer. Nous les aidons à travailler ensemble. Nous leur donnons une information réelle et segmentée sur l’offre. Nous leur donnons des pistes inédites grâce à notre connaissance de ce qui existe sur d’autres territoires. Nous leur apportons des solutions innovantes, expérimentées ailleurs, avec succès. Et, aspect peut être le plus important, nous avons à plusieurs reprises aidé à combattre des idées reçues – et fausses – sur les besoins en logement étudiant. Au final, ils disposent d’un schéma structuré et cohérent du logement étudiant, phase préalable indispensable pour imaginer d’autres propositions et ce, à l’échelle de leur agglomération. En outre, grâce à notre partenaire Latitude, nous sommes en mesure de présenter des prospectives démographiques de qualité à 10 ou 15 ans. Dans le contexte actuel d’évolution des chiffres de la population étudiante, c’est un plus indéniable !